Domi et Pierol au tour du monde

Novembre 2009 – Novembre 2010
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MachOUuuu PicchOUuuu (03/01)

Bonjour les deuxmilledixeurs ! On est super heureux de pouvoir partager avec vous notre aventure Inca tant attendue :-)

Premierement, on est surtout extremement soulages d’etre la, devant cet ordi… Une petite explication s’impose: Le 02 janvier, nous voila donc partis pour notre periple « low cost » a destination d’Agua Calientes, le village au pied du fameux site Inca. Le premier bus de Cusco a Santa Maria a une roue legerement degonflee et fait un bruit tres etrange a chaque freinage. Soit. La route sinue dans les montagnes, mais elle est asphaltee, assez large pour croiser un autre bus et il fait sec, donc tout va bien.

On est quasi les seuls « Gringos », ca change des hordes de touristes croises dans les rues de Cusco. Le bus bifurque tout a coup et on se retrouve sur un chemin de campagne, a premiere vue pas du tout fait pour autre chose que des 4×4. Mais tout le monde est serein, Mamy a cote de nous tricotte (mhhh… aiguilles a tricoter + route tres cahoteuse = oeil creve… apparement elle n’y pense pas!), la dame derriere nous caresse son poussin (qui n’arrete pas de piailler… a t-il compris que son destin etait de finir en pollo a la plancha ?), bref on dirait qu’il n’y a pas de quoi s’inquieter. La route est looongue: 7h30 de bosses, de chicanes, de franchissements de torrents de boues qui barrent la route et qui font tres peur. Et puis il y a cet autre bus, qu’on croise et qui a manifestement eu moins de chance que nous: il est tout defonce sur le cote de la route! Glups.

Arrivee a Santa Maria. On s’etire et on s’apprete a chercher un petit hotel quand on realise qu’il y a un minibus qui part directement a Santa Theresa, la ou on voulait justement aller pour commencer notre ballade. Bon, il est relativement tot dans l’apres-midi, on monte! A ce stade la, on n’imagine pas ce qui nous attend pdt l’heure et demie qui va suivre…

Ecrabouilles a 15 dans un minivan a l’entretien douteux, avec un chauffeur un peu excite (aurait-il machouille trop de feuilles de Coca?), on se lance sur une piste (ah non, j’insiste, pour moi ce n’est pas une route) de 2 metres de large, a flanc de falaises. Pierol semble trouver ca drole, moi j’ai vu et revu la scene de notre chute pendant 3600 secondes. C’est long! On a beau sympathiser avec nos co-voitureurs, la peur est la, « quels cons d’avoir ete se foutre la dedans pour economiser 150 euros !! Notre vie vaut quand meme un peu plus que ca !  »

Arrives a Santa Theresa, il nous reste environ 1/2 heure de voiture  jusqu’au point de depart du chemin de randonnee. Je veux descendre la, quitte a rallonger notre rando de 5 heures mais Pierol met son droit de veto: on reste dans la camionette du diable. Snif. Je n’ai pas de chique, donc je mords ma joue. Ouf, le chemin change du tout au tout, on traverse a present une jungle dense (on ne voit plus les precipices, merci les arbres!), on aprecoit de temps en temps des petits toits au milieux des plantations de bananiers, c’est beau, et surtout, beaucoup plus rassurant !

Le van nous depose a la station hydraulique, a environ 2h de marche de « Machu Picchu Pueblo », aussi appelle Agua Calientes. Conscients de la chance qu’on a d’etre sains et saufs sur le plancher des vaches (ou plutot des lamas), on se met en route, tout guillerets. Chouette ballade, le long des rails du train, dans un decor junglesque qui nous rappelle etrangement le Sri Lanka !

La route est un peu plus longue que prevue (ou Domi un peu plus lente que la moyenne) et on arrive donc a Agua Calientes un peu apres la tombee de la nuit. Premiere impression: Ohhh que c’est mignon: tout est eclaire a la bougie, c’est rustique et plein de charme. Ils vivent encore comme a l’epoque des Incas ici ? Mouais…  il s’agit en fait d’une bonne grosse panne d’electricite! Le bled est hypra touristique, point de depart oblige pour tout visiteur du Machu Picchu. Tonnes d’hotels (chers), restos, bars et boutiques arnaque-gringos. On est contents que tout soit dans le noir :-)

Sauf que du coup, il est impossible d’acheter nos billets de train de retour (ah oui – vous aurez compris qu’il est totalement exclu de se retaper le bus-de-la-mort pour le trajet du retour.), impossible d’acheter nos tickets d’entree au Machu Picchu, impossible de retirer des sous au distributeur… On est coinces ! Il nous reste en poche tout juste de quoi payer une nuit d’hotel et l’entree au site, en esperant qu’on peut les acheter sur place. On va donc se coucher en faisant confiance a notre bonne etoile (apres tout,si on n’est pas tombes dans ce foutu ravin, c’est qu’on doit le voir ce site, non?).
 
3h30 : biiip biiip biiip : reveil! Il faut se mettre en route pour arriver les premiers a la billeterie et obtenir notre droit d’entree au Wayna Picchu, la montagne la plus haute qui offre une vue superbe sur le site (ils ne delivrent que 400 entrees par jour!). Ca monte, ca n’arrete pas de monter. Mais comme on est determines a etre dans les premiers, on ne s’arrete pas! D’un pas relativement lent et pose, on arrive a depasser les groupes de petits malins qui sprintent le temps d’un palier pour finir ecroules sur le cote au palier suivant. Gnac Gnac, on a pitie pour eux :-)

Le ciel s’eclaircit au fur et a mesure de l’ascension. On arrive en haut en environ 1h30, trempes de sueur et la tete dans la brume, derriere les quelque dizaines de plus forts que nous. On se joint a la file devant la billeterie, et la, on attend quasi une heure (!) que les portent s’ouvrent. On est heureux et fiers: on a notre entree au Wayna Picchu! En d’autres mots, on a gagne le droit de suer encore un peu plus lors d’une nouvelle ascension :-) Masos, direz-vous ?

L’acces au site en lui meme est inquietant: des tonnes de touristes en K-way fluos debarquent de bus confortables, une foule desorganisee se presse aux portillons, ca donne quasi envie de rebrousser chemin. Puis on entre, au compte-gouttes (il est 6h30 du matin, le ciel se degage) et la…

On n’as pas de mots. La gorge se noue, l’oeil s’humidifie. Est-ce la nuit trop courte ? La fatigue de l’interminable ascension nocturne ? La sensation du corps tout grelottant ? Non, rien de tout ca. Tout ca, on oublie en une seconde, imperceptiblement, des que nos yeux decouvrent cette extraordinaire cite de pierres, completement surrealiste qui semble flotter dans les montagnes. On a reelement ravale nos larmes. Qui n’a jamais vu une illustration du Machu Picchu ? On se dit qu’on sait ce que c’est, c’est tellement connu…

Mais non, c’est completement fou, c’est un sentiment bizarre, une sorte de grandiosite qui vous envahit! Je suppose que tout le monde a ressenti ca en le decouvrant. En tout cas, c’est magique. Apres le choc, c’est la curiosite qui prend le dessus. Avec le groupe des co-voitureurs de le veille, on s’offre une visite guidee, animee par un sympathique petit bonhomme plein d’entrain. On n’en apprendra pas enormement, la cite Inca restant mysterieuse meme pour ses descendants. La ville aurait ete construite en 25-30 ans et ses habitants y seraient restes environ 150 ans avant de succomber en masse a la fievre jaune, ce qui aurait vraissemblablement cause le declin de la cite. Nous on est perplexes: construire un monstre pareil en si peu de temps, avec les moyens de l’epoque ? Ils auraient aussi taille les montagnes aux alentours. Amenage tous ces escaliers sans fin, ces terrasses parfaites pour les cultures. Tout ca en si peu de temps. Fou. Mystique. Passionnant.

Le ciel est tout bleu en fin de matinee, seuls quelques nuages de brume remontent de la vallee comme pour garder l’ambiance mysterieuse du lieu. Apres un bref pique-nique (c’est interdit mais on est des rebelles, yeah!), on se lance a l’assault de l’enorme Wayna Picchu. Vu d’en face il fait peur. Et dessus, c’est encore pire :-) Le chemin en escalier trace par les Inca est hyper difficile, c’est beaucoup plus dur que la premiere montee 6 heures plus tot. Meme technique de la tortue, 1h30 environ plus tard, et la vue panoramique  sur le Machu Picchu recompense amplement nos efforts !

C’est a ce moment que nos compagnons de route nous proposent une « petite extension » au circuit habituel. On signe pour une balade jusqu’au « templo de la Luna », environ une heure plus bas. Nos jambes sont deja fachees, au point ou on en est, de toute facon ca ne peut pas etre pire. Erreur ! Ca peut! Alors que les sportifs de devant gambadent entre les pierres et glissent joyeusement sur les echelles comme s’il s’agissait d’un parcours-sante, nous (enfin surtout la partie feminine de notre couple), on commence a en chier grave (si si) ! Mais c’est superbe ! Et ca descend, donc ca change un peu.

Le petit temple de la Lune est intriguant, on ne comprend pas bien pourquoi ces Incas se sont casse la tete a aller implanter un temple de l’autre cote de la montagne, aussi loin de tout. Mais bon, on s’est resolus : on ne les comprendra pas de toute facon (faudrait aller rechercher leurs descendants dans une galaxie lointaine – note de Domi).  Ah zut, faut tout remonter maintenant ! Arg… La technique de la tortue ne marche plus, moi (Domi) je tenterais bien celle du serpent (ramper quoi) ou me transformerais bien en pierre pour rester la eternellement. Pierol ne fait plus tellement le malin, il est creve aussi, mais dans un dernier souffle, on parvient a revenir au Machu Picchu, sous la drache (ah oui tiens, c’est bien la saison des pluies!).  On a perdu nos copains francais du coup. Doivent etre shootes aux steroides ceux-la :-)

Un petit bonjour aux lamas, quelques dernieres photos du site avec une toile de fond devenue grisatre et on se resigne a ecouter notre corps qui nous supplie de rentrer au bercail. Le bus pour redescendre sur Agua Calientes ? Pas le temps de reflechir, les francais sont la, ils redescendent a pieds et on les accompagnera. Point.

Bah, et puis au point ou on en est, de toute facon ca ne peut pas etre pire (deja vu ?). Re-erreur :-) OK, on voit de jour le chemin qu’on avait monte a 4h du mat’ dans le noir, mais la descente nous acheve.

C’est les jambes flageolantes qu’on debarque a 17h sur la place du village… Toujours prive d’electricite ! Au secours, on n’a plus de sous ni pour dormir ni pour manger, on n’a toujours pas nos billets de train, et surtout, on n’a plus de force pour penser a tout ca ! Il nous faut encore pourtant trouver le courage de faire 1h30 de file a la gare pour expliquer notre situation de pauvres petits touristes a la controleuse qui nous reserve des billets en echange de nos passeports. On reviendra quand on aura des sous. Et la, en quittant la gare, miracle: la lumiere fut ! Viiiite, allez vider la caisse du bancontact (zut, on n’est pas les seuls en manque de sous. Re-file).  Et nous y voila: 19h30, pas reposes, pas douches… rdv pour un resto avec le reste du groupe de la journee. Pas besoin de vous dire qu’on a dormi comme des bebes et qu’aujourd’hui on se repose les gambettes.

Le Machu Picchu, c’est fait! C’etait un des points-cles de la partie Amerique du Sud de notre voyage, et on n’est vraiment, mais vraiment pas decus ! On espere avoir reussi a vous faire vivre en partie notre experience via notre long recit… Mais surtout, ne pensez pas que les photos ci-dessous puissent remplacer une visite en bonne et due forme : vous DEVEZ voir ce site une fois dans votre vie, faites nous confiance.

Apres avoir stagne quelques jours a Cusco, l’aventure a repris pour nous. On est bien reboostes et enthousiates pour la suite.

A bientot donc, pour des nouvelles decouvertes !

Publié dans Perou and Wouaw il y a 8 ans, 11 mois à 20 h 59 min.

11 commentaires

11 commentaires

  1. Francois jan 4th 2010

    Ben dites donc, on mérite les photos après de si longues explications.

    Bon repos de gambettes alors.

    Enorme bisous de la part de Julie (et moi aussi d’ailleurs).

  2. Jack (J-E) jan 4th 2010

    Salut. A voir la route sur la photo, ca me donne pas trop envie d’y aller.
    Bonne année à vous. Et bon repos bien mérité.

  3. De Papa jan 5th 2010

    Ola les grands voyageurs, que d’aventures ¡¡¡Vous decouvrez de magnifiques choses, veinards ¡¡¡ Le temps doir ètre beau au Perou, a quand la plongee dans le Pacifique pres de Lima ? Ici tout va bien mais il mpleut depuis hier soir alors vivement le retour du soleil, je vous embrasse bien fort, Papa.

  4. Annick jan 5th 2010

    Wow! Superbe site… si j’avais su , je me serai spécialisée en Archéologie Inca ;o) Quoi que les ravins laissent tout de suite moins rêveur!
    Bonne année et surtout bonne route les aventuriers

  5. wouhaaaaaaaaaa
    ca a l’air magnifique mais de vous a moi je préfère le partager d’ici pcq faire toute cette ascenssion très peu pour moi et mon pauvre dos!!! :-)))
    J’ai pensé a vous hier soir pcq j’ai regardé « les survivants », un film tourné dans la cordillère des andes côté chili.
    gros bisous les poulets

  6. Scottish Chris jan 5th 2010

    Hello les Marcheurs,

    rien qu’à lire votre périple j’ai les jambes qui en tremblent ;-))
    ca à effectivement l’air FA-BU-LEUX! ce site perché dans les montagnes, à se demander en effet comment ils ont pu créer cela avec les moyens d’antan… Magnifiques photos, on ne vous remerciera jamais assez de nous faire autant partager ce que vous vivez!
    dites, un des crânes que vous avez photographiés à un trou dans l’os frontal, je ne savais pas qu’ils avaient déjà des armes à feu à cette époque… ;-))))))

    muchos besos Amigos

  7. Jesùs jan 5th 2010

    Ola Mis Queridos Trotamundos,

    Chapeau bas devant votre exploit routier et montagnard! Sera-ce le somment de votre périple? Ya veremos …!

    Soignez bien vos pieds et gambettes! Vous en aurez encore bien besoin. Un bon petit plongeon dans le Pacifique vous fera beaucoup de bien!

    A + et que les Déesses et Dieux des Grands Voyageurs continuent à être avec vous.
    Muchos besitos.

  8. On se demande pour quel exploit vous féliciter : les épuisantes marches; les vertiges les longues attentes ou bien alors votre courage à écrire si longuement et avec toujours autant de légereté et d’humour
    Vraiment, vous êtes des  » chefs  » tous les deux
    A propos , combien de semelles avez-vous déja usées ?
    On vous envoie un gros bisou

  9. Que de souvenirs!! Et la c’est moi qui suis jaloux. A chacun son tour…. Nous avons eu de la pluie la majeure partie de la journee (des trombes d’eaux comme on dit en bon belge) et nous n’avons pas pu monter a Wayna Picchu car nous sommes arrives trop tard pour les tickets. Mais bon c’etait quand meme formidable et parmi le top 5 de nos 3 mois en Amerique du Sud.

    Bonne continuation les amis

    Pops

  10. tatafafa et bérengère jan 6th 2010

    Bravo à tous 2 pour avoir réussi toutes ces épreuves ! Ninique, je suis très fière de toi ! Quelle métamorphose entre la petite princesse américaine et l’aventurière de haut vol !
    Il y a près de 30 ans, Pierre et moi avons vécu pareille aventure dans le même pays !

    Rescapés des tueurs du « sentier lumineux » par l’équipe d’un chantier de la route (l’ingénieur et son conducteur) qui nous propose – pour notre sécurité – de monter dans notre camion. (Nous ignorions à l’époque le danger encouru et parcourions la Cordillère des Andes péruvienne depuis deux jours. La neige chute alors de toutes ses forces. Nous ne pouvions rien voir des chemins et précipices que vous venez d’expérimenter – pas d’essuie-glaces fonctionnels…
    Le conducteur arrêta son véhicule… vidangea une partie de l’huile du moteur avec laquelle il arrosa le pare-brise ! (Anti-gel ?)
    Et nous reprîmes la route, vitres grandes ouvertes pour que la main du convoyeur puisse à tout moment servir d’essuie-glaces.
    Je ne savais plus m’arrêter de rire à voir la figure anxieuse de mon compagnon. Moins d’une demi-heure plus tard, traversant un petit pont déjà casse-gueule en soi, nous perdîmes une roue !
    Le Crick du camion étant grippé, le conducteur essaya de la décoincer en vidant cette fois l’acide de la batterie. Rien n’y fit ! Et le conducteur de conclure que le camion resterait là jusqu’au matin et que nous continuerions à pieds jusqu’à un refuge tenu par un vieil indien. La nuit était tombée, nos sacs et leur contenu restés dans le pick up, trempés. Nos deux sauveurs s’installèrent dans le seul lit du gîte et nous offrirent de dormir par terre dans la pièce annexe. Sans même pouvoir faire du feu pour se réchauffer. C’est à ce moment que Pierre me déclara que « ici nous allons mourir de froid » et pris d’un sursaut d’énergie alla arracher la moitié des couvertures des deux hommes. Le lendemain, bien vivants, nous profitâmes du soleil pour sécher le tout au vent… et reprîmes notre aventure avec tellement de souvenirs !
    Bonne route, je vous embrasse très fort.

    Tatafafa

    PS : rien à voir ; nous venons de remballer le sapin du salon de saint-denis, vos boules, guirlandes, décorations en tout genre sont remballés et vous attendent pour l’année prochaine.
    Merlin n’en peut plus de dormir, il hiberne tel un ours (costume duquel je l’ai d’ailleurs paré ce matin).
    Ici l’hiver est rude, il fait très froid, on se promène chaque jour puisqu’on est tous en congé (maman en retraite, ber en maternité et Piet en handicap (il a de gros problème à la main droite et ne peut plus travailler pour le moment. Autant te dire que je suis entourée, nourrie, suivie, analysée, pas trop froid, pas trop chaud, écharpe, pas trop de voiture, bon sommeil…
    Chouette en fait.
    J’ai vriament beaucoup de chance pour l’instant car le but à atteindre au bout d’un mois est d’espacer les tétées de 4h, ce qui est déjà atteint…
    Il a plein de cheveux et des grands yeux bleus (quand il daigne les ouvrir car il dort vraiment beaucoup…)

    Bon, de gros bisous de nous tous.

    Bérengère

  11. Vivian jan 12th 2010

    vraiment impressionnant compte tenu de l’endroit et des moyens dont il disposaient !
    Biz


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